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Armi – Triathlète

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Vélo

7 majeurs – I see another mountain to climb

Il est 1h25 a Isola, je bois un café du thermos – cherche la lune du regard mais celle-ci se cache derrière un voile de nuages. Mon père prend une photo et écrit sur le document du parcours notre heure de départ. Il est là pour m’accompagner dans cette aventure un peu « folle » que je souhaite réaliser depuis quelques temps : parcourir 360 KM avec 10000 mètres de dénivelés en moins de 24h. Au départ je lui avais dit de venir juste pour m’éclairer sur le premier col et la première descente mais il a insisté de m’accompagner pendant tout le périple : un problème mécanique, physique ou psychologique pouvant rapidement intervenir.

Départ 1h30

Col de la Bonette

Je pars à une intensité contrôlée, sur les conseils de Gonçalo Freitas « tu seras heureux après 12 heures de vélo lorsque tes jambes continueront à tourner ». Mon père me suit derrière mais au début de la montée du col je réalise à quel point cela doit être chiant d’avancer en voiture a 12 km/h. Je lui demande d’éteindre les phares pour voir si mon éclairage est suffisant. C’est moyennement bien mais je me dis qu’au bout d’une dizaine de minutes mes yeux s’habitueront. Je lui dis de monter m’attendre en haut et de faire une sieste de 2h (qu’il ne fera pas), je le réveillerai une fois là-haut. En silence sans musique dans les oreilles, par choix stratégique et pour savourer le calme de la nuit. J’espère secrètement croiser un loup mais c’est un chevreuil qui traverse la route – me regarde (je baisse ma lampe frontale) et qui saute dans le ravin – son terrain de jeu. Sur les 20 dernières minutes de la montée la lune se révèle et éclaire ma route. J’arrive à la stèle a 4h05, un peu en avance sur mes prévisions – le vent souffle, je suis heureux d’avoir choisi de prendre avec moi des chaussettes et des gants de ski. Nous prenons des photos et mon père me dit « actives-toi, il ne faut pas se refroidir ». Je me fixe comme objectif de faire la descente à 35 km/h mais je ne ferai que du 33 km/h – pas facile de prendre les virages dans le noir.

Col de Vars

Le soleil n’est pas encore levé mais le ciel s’éclaire légèrement. Je grimpe le col en me rappelant d’un trail que j’avais réalisé il y a 5 ans. J’adore cette odeur et ambiance le matin à la montagne, j’entends des oiseaux se réveiller ou me réveiller et la brume qui me fait penser à la plus grande admiratrice de la brume Rs Io. Une fois arrivé en haut du col mon père me dit « tu perds trop de temps, il faut que l’on optimise tes arrêts ! » et je me dis que je n’aurai pas dû lui parler du record à 18h un peu plus tôt dans la voiture. Je fais la descente à 44 km/h, plus rapide que les 35 km/h prévues – que c’est agréable de voir clairement la route !

Col de l’Izoard

Après une longue ligne droite dans la vallée en direction de Briançon et sur une portion dangereuse car route nationale je démarre l’ascension vers 8h15 en pensant « il est temps d’utiliser ma première carte bonus : rouler avec un ami pour faire passer le temps plus vite ». C’est le bon moment pour trouver un compagnon de route car c’est autour de ces heure-là que les cyclistes démarrent leurs journées. Je vois au loin un cycliste habillé en blanc mais je n’arrive pas à le rattraper sans dépasser l’intensité que je me suis fixé. Après 20 minutes je rattrape un autre cycliste avec des chaussettes fluorescentes, il monte légèrement moins vite que mon allure cible mais j’entame la conversation et fait l’ascension avec lui. Il vient de Normandie et passe d’excellentes vacances en faisant des parcours à étape avec un petit sac à dos. M’étant positionné derrière lui je remarque que ses mollets sont vraiment beaux, je lui dis « tu as des mollets hyper bien dessinés, tu dois avoir un tas d’années de vélo derrière toi ». Il me répond en rigolant « j’ai 62 ans, j’ai commencé en junior !». Sa bonne humeur me fait atteindre le sommet à 9h50 et je me dis qu’il est temps d’enlever mes chaussettes de ski.

Col d’Agnel

C’est le seul que je n’avais jamais fait jusque-là et cela me réjouis car de nouveaux paysages à découvrir. Le soleil est de la partie, je demande à mon père mes lunettes de soleil, il les sort et me dit « elles sont moches tes lunettes, ce ne sont pas des lunettes de sport » et il me file ses lunettes de soleil de sport. Je détends les muscles du visage dans la montée, le corps suivra. Je sors le téléphone pour prendre des photos tout en pédalant. C’est vers ce moment-là que j’atteint les 5500m de dénivelés, ma « ligne max » réalisée une seule fois. Les jambes vont bien et le moral est à son plus haut. Je termine l’ascension avec un autre cycliste qui réalise le même parcours – mais en 48h. Je demande à mon père de commencer à me poser des questions de calculs mathématiques à chaque montée afin de vérifier ma lucidité avant d’entamer une descente et il me demande combien font 25 au carré en rigolant. Je ne trouve pas la réponse et lui dit qu’on va rester sur le comptage des cols pour vérifier ma lucidité. La descente est difficile car la route est en mauvais état. A chaque nid de poule je sors des jurons que j’invente avec mes souvenirs d’italien du lycée.

Col de Sampeyre

Je l’avais déjà réalisé l’an passé et je savais donc à quoi m’attendre. Il est court mais très abrupte. J’utilise ma second carte bonus « allègement total dans la nature + red bull » avant d’entamer ce 5eme col. Et cela fonctionne ! Je le grimpe tout en légèreté et j’atteins le sommet ou la végétation est éblouissante. Boulvert Renaud m’envoie un message d’encouragement en me rappelant que le plus difficile reste à venir ! Après une descente très difficile les mains sur les freins, je m’arrête 20 minutes à un snack en Italie pour un bon café et deux parts de pizza.

Col de Fauniera

Mes souvenirs de l’an passé n’avaient enregistré que le côté « magnifiques paysages » lors de la descente mais j’avais oublié à quel point certains passages au milieu de la montée étaient difficiles : plusieurs passages à 15% d’inclinaison. J’utilise ma dernière carte bonus « musique de rock indépendant à fond dans les oreilles ». Je grimpe à l’ombre des arbres et je vois un panneau 20% d’inclinaison. Je me dis que je peux et dois le faire autrement cela sera très difficile de repartir à l’arrêt. Je donne tout mais aux 2/3 de la bosse il y a des gravillons : ma roue avant se relève à cause de l’inclinaison de la route, j’arrive à basculer mon centre de gravité vers l’avant mais ma roue arrière glisse sur les gravillons, je declipse mes chaussures et pose pied à terre. Je termine la bosse en marchant, avec la tête qui tourne un tout petit peu. Je vois mon père connaitre le même problème en voiture derrière, ses roues glissent et il est obligé de faire marche arrière. Je fais signe au 4×4 de derrière de s’arrêter pour lui laisser le temps de manœuvrer. Mon père fait un passage de bosse digne des plus grands films d’action : tout est là, suspensions de la voiture qui agissent, poussière qui se lève, bruit du moteur. Apres coup, je me dis que j’ai peut-être amplifié un peu la scène à cause de l’adrénaline. Il me pousse avec ses mains pour redémarrer dans la pente et je vois le panneau qui indique qu’il ne reste que 5 km jusqu’au sommet. Après 4 km mon père m’encourage par la fenêtre en me disant « allez plus qu’1 km, ensuite tu auras une belle descente ! » j’observe le paysage et je me rappelle que le sommet indiqué par le panneau n’est pas le vrai sommet, il y a encore du rab ensuite de 1 ou 2 km avec de la montée. Je lui dis « en fait il y a un peu + d’après mes souvenirs, j’ai hâte de dormir ce soir ». En m’approchant du sommet je regarde ma montre : « 8700 » mètres grimpés et je me dis que c’est quand même bien 6 cols, j’ai mal au dos, aux bras et j’ai envie de plonger mes jambes dans de l’eau froide. Une fois arrivé au sommet, tous mes doutes disparaissent et je me dis que même si je dois prendre 3 heures pour faire le dernier, je vais le faire. Je n’ai pas fait autant de chemin pour arrêter maintenant.

Col de la Lombarde

La température est idéale, la luminosité suffisante (19h30) et j’ai un regain de motivation à l’idée de terminer bientôt. Le seul chiffre que je surveille est le dénivelé restant : 1480m. Je grimpe les 400 premiers facilement, des cyclistes descendent mais aucun en train de monter à cette heure-là. La musique rock commence à m’énerver, je mets les 4 saisons de Vivaldi et focalise mon attention sur la musique. J’ai des frissons, je regarde la température : « 17 degrés ». A 10 km du sommet je m’arrête dans un virage pour prendre une veste et je m’étire le dos. Je me dis que je me suis quand même lancé dans un truc difficile. Mon père me dit qu’il nous reste du temps pour finir avant 1h30 et je me répète « je dois finir, je vais finir, il faut juste que je tourne les jambes ». J’éteins la musique et me mets à marmonner les paroles d’une chanson de Sia qui m’avait plongé dans l’aventure quelques jours avant le départ :

Uh-oh, running out of breath, but I
Oh, I, I got stamina
Uh-oh, running now, I close my eyes
Well, oh, I got stamina
And uh-oh, I see another mountain to climb
But I, I got stamina
Uh-oh, I need another lover, be mine
Cause I, I got stamina


A l’approche du sommet j’ai l’impression que la route est interminable, après chaque virage j’espère voir le panneau « Col de la Lombarde ». Je vois les tentes des campeurs et m’imagine allongé à l’intérieur de l’une d’entre elles. J’aperçois l’ombre de la statue du bouquetin et les nuages massifs éclairés par les derniers rayons de soleil. Une fois arrivé au sommet nous faisons les photos et je demande avec incertitude s’il s’agit bien du 7eme col en montrant avec les doigts et mon père me dit que oui mais que ce n’est pas dans ce sens là qu’il faut montrer les doigts en France. Après un court moment de réflexion j’inverse le 5 avec le 2. Ma montre affiche « 1% » de batterie ; je commence à faire la descente puis remarque qu’elle s’est éteinte. Je lance l’application Strava d’enregistrement sur le téléphone. Après quelques minutes je m’arrête sur le côté de la route et je dis à mon père « c’est bon là non ? je peux monter dans la voiture, il ne reste que de la descente – et puis il fait froid et c’est la nuit, c’est dangereux » Il me répond en toute tranquillité « ah non ! le défi c’est de faire toute la boucle, tu termines en bas au parking ». Je me concentre sur la route, j’ai des doutes sur certains virages mais j’arrive finalement à Isola à 22h39.

Dans la voiture sur le chemin du retour pour Nice on réalise que cela fait 24h que l’on n’a pas dormi. Il me dit « je n’ai jamais vu autant de montagnes en une journée, on a fait un exploit extraordinaire aujourd’hui, j’ai les jambes qui tremblent avec toute cette conduite mais je n’imagine même pas toi et tes jambes »

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