Lorsque j’avais vu il y a quelques mois le parcours particulier de cet Ironman, je n’ai pas pu m’empêcher de m’y inscrire – même si c’était le 6 ème IM auquel je participais cette année!

5h15 – Le Libellule (bateau) nous emmène au centre du lac. Je ne vois pas très bien les bouées, la pression monte, « Requiem for a Dream » passe dans les hauts parleurs et je trouve ça génial – je saute à l’eau.

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6h10 – Le bateau sonne le départ et je décide de viser les lumières de la ville d’Annecy. Le 1 er KM se passe plutôt bien mais ensuite je m’arrête plusieurs fois pour essayer de repérer la seconde bouée (espacées de 1 KM!). Je l’aperçois au loin dans la direction opposée où j’allais et je décide avec un autre nageur qui me suivait de retourner là contourner.
Avec les vagues et les lumières de la ville je ne trouverai jamais la 3 ème bouée. Après 55 minutes de course, je lis 3600 m à ma montre et je décide de viser Saint-Jorioz pour sortir de l’eau. Au final, 4400 m nagés! Je me change vite fait et je saute sur mon vélo.

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7h25 – Je n’ai pas de balladeur mp3 mais je l’ai écoutée tellement de fois que « Teenage Dirtbag » de Wheatus résonne dans ma tête dans l’ascension du Semnoz. Je respecte un certain rythme d’ascension basé sur mon rythme cardiaque.

~13h25 – J’en suis à la seconde descente du col des Prés et dans les temps pour boucler le parcours de 183 KM en 7h30 mais… il se met à pleuvoir.
En tri-fonction je suis frigorifié et mes dents claquent. D’une 9 ème place je me fais rapidement dépasser par une quinzaine de concurrents. Mes mains sont sur les freins et je cherche désespérément un moyen de me réchauffer. J’essaye de me détendre et puis je me pisse dessus afin de me réchauffer tout en roulant. A intervalles réguliers cela me permet de résister au froid pendant 2h.
Vers la fin du vélo j’ai des crampes à la mâchoire à force d’avoir claqué des dents!

15h25 – J’en termine avec le vélo – heureux de ne pas être tombé et de commencer à courir: cela va me réchauffer. Il faut que j’arrive au « Tournant » du KM 27 avant 18h pour espérer être top finisher. Je pars vite et confiant d’y arriver. J’accélère dans les lignes droites sur route et j’arrive au KM 27 à 17h58!
L’ascension vers le Semnoz (à pied cette fois!) commence et au menu 1200m à grimper sur des chemins parfois boueux.

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19h45 – Persuadé de pouvoir récupérer ma frontale et de quoi me couvrir au prochain ravitaillement je réalise que je me suis trompé de sac. La nuit tombe et je suis encore en tri-fonction et surtout sans frontale. Je m’accroche à un autre triathlète en suivant ses pas dans la forêt. Il est vraiment bon et grimpe plutôt vite.

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20h41 – Il nous reste 1 KM à parcourir, j’ai la tête qui tourne mais je me répète mentalement « Je vais y arriver – Je vais y arriver ». Je vois l’arche de l’arrivée et le vent balayer le sommet du Semnoz. Je franchis la ligne d’arrivée et je tombe au sol: « Top Finisher » sur la première édition d’une course exceptionnelle – je l’ai fait!

Merci au triathlète qui m’a laissé suivre sa lumière jusqu’à l’arrivée – à Serge qui a monté une équipe de choc pour la course et à l’organisation / bénévoles d’avoir fait de cette journée une véritable aventure.

Je reviendrai, plus fort, plus rapide!